ange rime avec Ela…

Christine Elong, Piégée par mon sang

Amazon 16,32€

A l’ouverture du fichier de Piégée par mon sang, qui allait m’emmener à la découverte du livre de C.Elong paru en août dernier, je me retrouve dans une chambre d’hôpital dans mon 237 natal.
Angela est une mère qui tente de rester debout auprès de sa fille très malade.
Angela nous raconte sa très émouvante histoire et sa douleur de mère. L’ouverture de son histoire nous conte les conditions horrifiques dans lesquelles vivent et sont traité(e)s nos malades. Au Cameroun comme dans certains des pays les plus pauvres de la planète, pouvoir être diagnostiqué(e)  est déjà une chance, traité(e), un luxe. Cette chambre miteuse dans laquelle Angela doit essayer de trouver le sommeil à même une chaise croulante est la seule option pour beaucoup de personnes au Cameroun.

Pays regorgeant de ressources mais laissé à la moisissure de la vie par ses politiciens. Nous suivons Angela dans ses souvenirs, dans son parcours de vie d’abord heureux, puis maudit, comme l’avait prédit « Onoan Minal » la folle du village. La mort, de sa grande faux veille et colle à la peau d’Angela comme une sœur haineuse. La souffrance qui semble avoir pris goût à ses larmes s’amuse de les voir couler le long de ses joues. Rien ne lui est épargné.

Angela, c’est l’histoire d’une femme forte qui au bout du chemin ne sait si elle réussira à garder ses pieds toujours debout…Nous ne le saurons d’ailleurs pas vraiment.

En parcourant les lignes de cette histoire, l’émotion m’envahie seulement à la toute fin. J’ai connu un ange un jour, que le ciel nous a arraché à ses proches et à moi. Un ange que Dieu nous jalousait tellement qu’il refusa de nous la laisser. La drépanocytose est une maladie qui aujourd’hui décime nos familles et qui en Afrique particulièrement tue et continue surtout faute de moyens et d’une prise en charge digne de ce nom.  Quand la plupart des malades sont soigné(e)s dans des hôpitaux dignes des squats les plus miteux comment avoir de l’espoir ? Cette réalité C.Elong sait la mettre en évidence. Une femme seule, sans le sous peut-elle vraiment espérer avoir un suivi pour ses enfants dans un pays où la mort est aussi peu chère que le prix moyen d’une consultation en France ?

Le sujet est donc profond, l’histoire touchante et émouvante.

Malheureusement,  j’ai trouvé le style de C.Elong Brouillon. On sent pourtant dans ses écrits une réelle inspiration,  la volonté de surprendre le/ la lecteur/trice. De l’emmener au cœur des émotions d’Angela, de lui faire toucher du doigt ce bonheur immense qu’elle ressent, pour ensuite lui faire entrevoir la hauteur vertigineuse de sa chute… Malheureusement, ça ne prend pas. En tout cas pas avec moi. Les flash backs top nombreux et disséminés dans l’histoire sans que l’on ne sache réellement quel est leur utilité m’ont plongés dans la confusion. 

Les descriptions interminables et inutiles allongent certaines scènes qui n’en n’auraient pas besoin et manquent cruellement dans d’autres. Les dialogues très peu réalistes alourdissent également la lecture.

Ce livre a un potentiel inouï. On sent C.Elong à la recherche de son style qui sans doute saura mieux s’exprimer dans une suite ou un autre ouvrage au vu de comment elle le déploie et rend Piégé par mon sang bien plus digeste sur les dernières pages. Le sujet, est pour moi survolé, au profit de l’étalage de la souffrance d’Angela. Cela donne certes du corps au livre, mais au final, on ne comprend pas vraiment pourquoi le choix de ce titre puisque la réalité de la maladie  du point de vue d’Angela elle-même n’est pas vraiment amené à l’appétit du/de  la lecteur/trice. Ce qui est extrêmement dommage parce que le cœur et la substance du livre n’en auraient été que plus riches.

La fin, à la manière d’une série nollywoodienne évoque une douleur incommensurable et une chute certes compréhensible et par certains aspects bien emmenée ; il n’en demeure qu’elle reste très peu connectée avec les autres parties du livre.

Une lecture qui me laisse sur ma faim et un peu confuse. La part d’émotion provoquée viendra surtout du souvenir de mon ange partie trop tôt à cause de cette horreur de maladie.

Je nous dédie ce livre à nous tou(te)s qui aimons avons aimé et aimeront toujours, pour tout, partout et envers tou(te)s ELA…Tu nous manque si fort. Etoile qui brille si fort là haut. Hier encore je recevais des images de ton sourire aux côtés d’un ami. Hier encore tu nous poussait à rire. A jamais à nous et à toi ELA. Merci de ton passage dans nos vies.

Angel by Akil Davis

En parler, se faire dépister, vulgariser, se faire prendre en charge, je salue l’initiative de ce livre qui s’inscrit dans cette démarche et je pense à tou(te)s celleux qui vivent la réalité de cette calamité en ce moment. Vous n’êtes pas seul(e)s. Nous vous aimons. Je remercie cette amie qui m’est chère grâce à qui j’ai pu découvrir un nouveau talent de plume afro.

A très vite les ami.e.s

Chocolatement vôtre,

La demoiselle chocolat

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s