Il était un cœur, il était une quête…


Mon amour, mon amour, je serai toujours là pour toi.
Même si le soleil s’arrête de briller, je serai là.
Même si la pluie s’arrête de tomber, je serai là.
Ne doute jamais de mon amour, car je t’aimerai toujours »

Coeur D’Afrique , Carol L Bing

Amazon : 20 €
Editions L’Harmattan : 20€

C’est l’histoire de Yozeb. C’est la quête de Yozeb. Une histoire d’amour.
L’histoire d’un amour comme on en connait qu’un seul au cours de sa vie. Un
amour qui ne peut être mesurable d’outils d’humain. Un amour qui ne connaît que
l’horizon pour limite.

L’histoire de l’amour d’un fils pour sa mère. Cette histoire universelle.
Ces échos du cœur intarissables. Yozeb veut retrouver sa mère. Sa quête ne
prendra fin que lorsqu’il verra ses grands yeux plein d’amour se poser sur
l’homme qu’elle a fait de lui.

Carol L. Bing j’ai découvert son univers avec un conte de faits paru il y a quelques années. Pas si longtemps d’ailleurs…Pour autant que l’histoire était drôle, réaliste et très attachante, je n’avais pas vraiment accroché à l’univers de Carol. Son écrit à l’époque, me semblait manquer de maturité et à quel point avais-je raison.
En ouvrant cœur d’Afrique j’avais donc une petite appréhension sur cet univers peu aboutit qu’elle avait initié dans un conte de faits.

Je ne fus pas déçue de mon voyage. Cœur d’Afrique est une réelle pépite.

Le conte poétique se tisse autour d’une quête. A la manière d’un mythe ou d’un conte populaire. Carol navigue savamment dans son style entre conte et poésie avec une pincée d’épices du mythe. La lecture est douce et entraînante. On se retrouve au milieu de cette contrée en pleine République centraficaine, entre l’Oubangui et Gribingui. Le puissant seigneur Yarafa épouse Gozeifo en quatrième noces. Gozeifo est belle, tellement belle que la rumeur de sa beauté précède son passage. Ses coépouses jalouses cette beauté, qui fait d’elle la préférée de Yarafa pendant un certain temps. Mais la vie au sein d’un foyer où l’inégalité de l’affection équivaut à celle de l’influence et du pouvoir se noue presque toujours, avec intrigues, coups bas, manigances et autres salamalecs politiques. Gozeifo est tenace. Elle donne 3 fils au puissant seigneur.
L’élément perturbateur qui vient ébranler le conte et lui donner sa saveur et sa teneur n’est autre que le cours de la vie, ce long fleuve loin d’être tranquille. La mort du puissant Yarafa.  

S’en suit le début des déboires de Gozeifo, puis ceux de ces enfants. La belle se retrouve chassée, bannie humiliée et séparée de ces jeunes enfants. Seule, elle erre de contrée en contrée et se retrouve à la capitale, devant survivre. Rester debout pour ceux qu’elle a laissés derrière elle. Un jour, peut-être les dieux lui accorderont la paix.

«  Tant que vous m’aimerez je vivrais, tant que je vous aimerais vous vivrez ».

Yozeb à douze ans se lance dans une quête effrénée. Cette quête aveuglante et aveuglée par l’amour. L’amour pur d’un enfant pour sa mère. Il n’a plus rien, juste son cœur. Ses pieds et cet amour qui le guide il ne sait où mais il en est certain vers elle. Affronter milles dangers, laisser ses deux frères derrière lui Yozeb sera le héros de cette odyssée, celui qui ramènera la paix et l’amour au sein de sa famille. C’est son plus grand rêve.

Ce que l’on en a pensé :

J’ai adoré lire cette histoire. Simple, belle avec ce petit je ne sais quoi qui change tout. Je me suis souvenue pendant ma lecture de ces moments où autour d’un feu dans la cuisine extérieure chez ma grand-mère, pendant les longues soirées où l’on préparait les départs des un.e.s ou des autres vers un ailleurs rêvé meilleur, mais surtout vers ce que je percevais à l’époque comme un énorme oiseau en fer, et un inconnu un peu bizarre, mon grand père nous racontait l’histoire de Njento et son pantalon Moriba, de Leuk le lièvre et Nkul la tortue, et bien d’autres contes tout droit sortis du folklore  culturel d’ethnies bien de chez nous. Cœur d’Afrique offre un style maîtrisé même s’il tend à être affiné. On glisse dans l’histoire mais surtout dans le cœur de ce petit garçon rempli d’amour et d’espoir, comme sur les eaux tantôt calmes tantôt tourmentées d’un fleuve ondoyant. Carol mélange moderne et traditionnel, actuel et ancestral tant dans les décors que dans la manière de dire, de conter. Impossible de situer cette histoire dans le temps, ni décompter le temps écoulé pour Yozeb durant cette fameuse quête,  et c’est cela qui fait en partie son charme. Je me vois bien la conter un soir à Little monster à l’heure du coucher avec mes mots, ou ceux si bien trouvés que j’emprunterais à Carol. Un véritable plaisir à déguster. Dépaysant et apaisant à la fois. L’histoire d’un amour indétrônable, qui ne vient être troublé par une morale qui l’alourdirait. Il s’agit simplement de voir deux cœurs s’aimer, par delà les épreuves et les injustices infligées par la vie. S’il y a un message ici, je dirais que celui que j’ai perçu est que l’amour est bien la réponse. En tout temps, en tout lieu, et qu’il est l’écrin privilégié de l’espoir.

En conclusion, Je tenais après vous avoir parlé de ce petit bijou, à remercier les éditions L’Harmattan de m’avoir fait parvenir ce joli livre. J’en profite pour poser une question aux auteur.e.s afro caribéen.e.s et aux maisons d’éditions : Pourquoi ne pas nous solliciter plus souvent ?

Quand on regarde le ratio de Blogueurs/euses littéraires afro et le nombre
de sollicitations et surtout comment ces blogueuses/eurs sont suivis et l’impact
qu’iels ont je trouve ça vraiment dommage voir frustrant qu’il faille que l’on
aille le plus souvent vous chercher, insister pour avoir un retour. En
comparaison les booktubeuses et blogueuses littéraires « mainstream »
et non noires ont un poids terrifiant dans le monde du livre sauf qu’iels n’offrent
pour la plupart aucune visibilité aux livres afro caribéens. Si on veut sortir
la littérature afro carribéene de ce statut de « niche » dans lequel
elle est enfermée depuis très longtemps c’est à vous de le faire aussi. Venez
nous chercher nous sommes là. Pourquoi il n’existe que très peu de booktubeuses/eurs
francophones spécialisé.e.s en  littérature
afro/caribéenne ? Parce que personne, les auteur.e.s comme les maisons d’éditions
ne donne du poids aux blogueurs/ses. Acheter des livres ça a un coût, en
acheter pour produire du contenu encore plus. Alors aidez-nous les gars/gos.
Cessons de croire que ce que les autres font nous est inaccessible. Nos
communautés sont là et c’est primordial mais si nous voulons aller plus loin,
nous devons chacun.e faire sa part. Je renouvelle donc mes remerciements aux
éditions L’Harmattan pour cette belle lecture.  

Et vous dit à très bientôt les ami.e.s

Chocolatement vôtre

La demoiselle chocolat

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