Reines!

Femmes de Nder ! Dignes filles du Walo ! Redressez-vous et renouez vos pagnes ! Préparons-nous à mourir…

L’histoire qui nous fait…

Il est communément admis mais surtout généralisé par certain.e.s que l’Afrique, continent pourtant foisonnant de tout, n’aura longtemps marqué l’humanité que de part sa dépendance. Et pourtant, loin des théories complotistes, il est une vérité qui aujourd’hui ne se cache plus. Cette vérité ayant emprunté l’escalier du temps, est enfin arrivée aux yeux des contemporain.e.s que nous sommes : on nous a privés de notre histoire. Certains l’ont falsifiée, d’autres insensibilisée . Les motivations, ici seraient bien trop longues à énumérer mais cette vérité est de celles qui sont immuables. 
De Hegel en passant par d’autres, ce que le sage Cheikh Anta Diop appela « la falsification consciente de l’histoire africaine » a aujourd’hui encore des stigmates profondes dans le monde contemporain. 

Mais ce qu’il y a de tout aussi immuable, c’est que notre histoire est réelle. notre Histoire, est bien plus que servitude. Notre Histoire est l’Histoire de peuples souverains, de rois et de reines puissant.e.s. 

Reines D’Afrique et héroïnes de la diaspora noire
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L’histoire qui est notre…

Sylvia Serbin, historienne, journaliste et auteure nous fait pénétrer au fil de cette question, au détour d’une interrogation enfantine, légitime : « Comment se fait-il que tous les autres pays ont des femmes et pas les gens comme nous  [sous entendu à la peau noire]? Les Indiens ont Pocahontas, les Américains ont Calamity Jane, les Français Jeanne d’Arc, les Anglais la reine Victoria. Et nous, on n’existait pas avant?. »

Et voilà Sylvia parti au cœur de ce qu’elle est et de ce qu’elle sait, décidée à en apprendre plus, pour dresser les portraits de femmes africaines et noires qui furent des reines, pas seulement pour beaucoup dans la fonction, mais surtout dans la lutte.

Dans son interview accordée à Afrofeminista en 2016, Sylvia Serbin que je découvre alors, m’éblouit. Elle me prend par la main et me raconte que ses années universitaires furent marquées par la frustration de ne pas se voir représentée. Cette frustration qui fait tellement écho à la mienne, ces années universitaires vident de tout.e semblable à moi dans mon apprentissage qui font écho aux miennes. Sylvia me rassure quelque part, cette frustration n’est pas seulement mienne; nous toutes en tant que femmes noires, l’avons expérimentée de manière multiple, certes avec des visages divers, mais bel et bien présente pour nous toutes.

En la voix pour elle d’un professeur qui lui dit un jour :
«Les femmes africaines n’ont eu aucun rôle dans des faits historiques, et quand certaines populations ou traditions orales mentionnent des personnages féminins, il s’agit de mythes inventés par des sociétés primitives et magnifiés par des griots ».

amber ruffin what GIF by Late Night with Seth Meyers

Si face à ce types de remarques méprisantes, beaucoup d’entre nous n’avaient à l’époque de nos jeunes années que le silence et un rire incrédule et très jaune à opposer, aujourd’hui cette journaliste et historienne nous donne l’outil pour savoir, construire ou reconstruire nos identités en embrassant des modèles qui nous ressemblent et qui prouvent que OUI la femme noire a fait bien plus que s part mais surtout que ce que l’Histoire veut bien lui accorder dans la marche de l’humanité.

Elles sont plus d’une vingtaine dans son livre, Reines d’Afrique et héroïnes de la diaspora noire qui aujourd’hui crachent leur existence au visage de cette falsification historique dont nos cultures sont encore victimes.

de Ndate Yalla en passant par Harriet dubman, Sylvia part à l’assaut de ces femmes qui ont tout donné, plus que leur vie souvent pour le mieux de tou.te.s marquant l’histoire de part leur détermination et leur ténacité à toutes épreuves.
Ainsi on suit Zinga dans son combat pour la préservation de la souveraineté de son royaume aujourd’hui l’Angola, Pokou et son courageux sacrifice, Ranavalona III et sa détermination, Nefertiti, La reine Kassa du Mali, la terrifiante Malan Alua, la géniale femme d’affaires Mme Tinubu ainsi que bien d’autres.

Si certains de ces noms me sont familiers quand je débute ma lecture de la réedition de reines d’Afrique et héroïnes de la disapora noire paru initialement en 2016, je découvre la plupart et suis émerveillée par ces pans entiers de l’histoire du continent africain et de sa diaspora qui m’étaient étrangers.
Le style simple, narratif, dans la lignée de cette volonté de toucher un large public, invite à continuer. Sylvia romance très peu ses récits, elle les appui de références qui crédibilisent son travail de recherche.

La bonne surprise arrive en milieu de livre, avec un cahier de photos/illustrations de certaines de ces femmes figures historiques de tout un continent.

Ce que j’ai aimé dans ce livre est l’honnêteté de l’écrit de Sylvia. Elle ne nous vend pas que des figures héroïques, elle relate en tentant de rester le plus possible dans cette vérité des faits, vérifiés résultants de recherches.

L’oeuvre n’est néanmoins pas figée. A la manière d’une compilation, la douceur de certaines laissant place à la rudesse d’autres. Un croisement de destins ponctué de drames et d’actes héroïques. L’histoire même de ce livre est une leçon pour nous. Notre héritage nous est encore aujourd’hui refusé. Une femme noire ne saurait raconter son continent sans être remise en cause. La bataille de Sylvia pour se faire entendre, faire publier son roman dans sa version véritable, et surtout s’entendre reconnaître la tentative de falsification faite dans la version allemande de cet ouvrage demeure pour moi quelque chose de symptomatique dans notre société.

Néanmoins, cet ouvrage est bien la preuve que notre Histoire trouve son chemin, elle nous parvient par le biais de nous-même. Nos ancêtres qui ne s’en sont jamais laissés compter continuent de lutter pour nous faire parvenir leurs voix. Nous nous raconterons nous-même parce que l’on est jamais mieux servit que par soi.

La puissance de ce livre se trouve aussi là.

Sylvia Serbin

En cette période de fêtes, où nous nous laissons doucement glisser vers 2019, Reines D’afrique et héroïnes de la diaspora noire est de ces oeuvres qui m’ont permis de mettre des écrits sur mes questionnements identitaires. De ces ouvrages qui apportent non seulement réponses, mais construisent. Alors construisons, ou plutôt reconstruisons ensemble ce nous, à coups de belles lectures de ce type.

Pour cette nouvelle année, je vous souhaite le meilleur à tou.te.s!!

Now let’s party! Happy new y’all 

rdv en 2019

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Chocolatement votre,

la demoiselle chocolat

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