Pourquoi je suis afroféministe

Afroféminisme. Quel est donc ce mot barbare, à la sonorité bizarre qui réunit deux concepts … épars ?

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Non. Afro et féminisme font part dès le départ de leur volonté sans fards de cheminer vers cette part rêveuse d’un monde meilleur.

Afro d’abord. Pour ma part, est cette globalité de vécus, d’Histoire et de racines qui nous réunis. Afro non parce qu’africain.e.s (ou pas seulement) mais surtout de part la culture, les racines, le vécu, l’héritage, l’Histoire. Celle avec un grand H, celle des déportations et des oppressions. Celles de civilisations puissantes et pas oubliées. Celle de l’avenir à construire. Celle des nuances de carnation , des créations, des réappropriations et des identités à (re)construire. La nôtre. Dans ce qui fait notre globalité : Afrique, Caraïbes, Antilles, Orient et plus encore… Réuni.e.s bien qu’éparpillé.e.s aux quatres coins du monde.

Afro est une identité. Un mot qui rassemble, qui réunit. Qui nous offre le privilège d’appartenance. Le soulagement de l’ancrage, des racines mais surtout des ailes.

Féminisme ensuite. synonyme de justice; sociale, politique, culturelle, individuelle et économique entre nous et nous. Entre masculin et Féminin. Synonyme de luttes. Plurielles, de victoires, d’héritage, de combats. Définit par la « shinance », le « glow » et la puissance de nos ainées.

Féminisme rime avec égalité résonne avec justice, chemine avec solidarité,sororité et cotoie pouvoir.

Ces deux mots étaient donc destinés à se croiser, s’aimer, se souder pour finir par nous définir.

Afroféminisme donc. Un mouvement, une lutte qui me porte depuis quelques années. De conviction et d’actions, j’ai embrassé ce combat nécessaire qui met le doigt sur cette intersectionnalité des oppresions qui frappent les femmes noires/racisées. Afroféministe ET afropéene, ce beau combat m’a ammené à rencontrer des âmes similaires à la mienne. Longtemps, j’ai pensé ces sentiments de colère de frustration cette envie d’agir et de dire emprisonnés seulement en moi, étant seulement mon fardeau à moi, ma croix à porter.

Et pourtant, au croisement de mon envie, il y a celle d’autres comme moi, qui ont laissés exploser ce besoin d’exprimer.
A nos humanités Révoltées, Kiyémis

Editions métagraphes : 11€
Amazon: 11€

Kiyémis est une blogueuse qui sévit depuis quelques temps déjà sur le blog les bavardages de Kiyémis . Celle qui met en pensée ses idées pour les attraper, s’en saisir est une jeune femme pétillante de 25 ans engagée et drôle. Elle nous sert ce receuil de poésie condensé de ces colères, de son engagement et de cette cause afroféministe chère à son coeur.
Ce que l’on en a pensé:

Décrire l’écrit aérien et puissant de Kiyémis m’est difficile. Je ressens ses mots comme des vérités dites par une autre face de moi-même. Les sentiments qui virevoltent dans A nos humanités révoltées sont ceux par lesquels je fus passée, et je passe d’ailleurs encore. La colère, l’angoisse, l’incompréhension. La violence du constat. La peur pour nos pairs. La fierté de la transmission par nos aîné.e.s. La peine, la déchirure. La conscientisation, l’acceptation, le combat! A nos âmes aguérries, car nos humanités se révoltent.

Un collectif Afroféministe Lyonnais m’a donné l’occasion d’échanger avec l’auteure et de faire dédicacer cette jolie pépite!

Kiyémis qui m’apparaissait une Angela Davis de mon âge, est une jeune demoiselle espiègle au rire sonore qui ne s’excuse plus d’être elle. Elle décrit avec justesse les 25 années qui l’ont conduites à cet écrit. Drôle et volubile, sa simplicité me touche.

Elle rit à mon « Mof mi de » prononcé du bon ton lors de ma déclame de son poème âme Afropéene extrait du livre, mon préféré.

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Ma peau scande le mot afro
Nos bouches chantent les gloires de nos aïeux
Pour laver tous ces esprits creux!

Tchip
à ces êtres inconsciemment empoisonnés
Nos âmes qui veulent se décoloniser
sont avides d’un air purifié

Je souris aussi, car oui, nous avons en commun des origines. Nous sommes des Lionnes indomptables.

Ce petit receuil est un condensé d’émotions et de vérités intenses, criardes. Notre voix à nous, Afropéenes et celle de nos parcours souvent ponctués de constats d’oppressions et de réappropriations de nous-mêmes.

L’instant d’échanges qui suivit, fut prétrit de bienveillance, de droleries et d’autodérision. Elle nous parle d’elle, vraie et authentique; de sa quête d’elle-même. De la transmission de sa culture par des parents politisé.e.s et conscient.e.s. De cette violence qu’elle ressent lorsqu’elle comprend la réalité des controles au faciès. Je ne suis pas quelqu’un qui approche facilement. J’appréhende très souvent l’incompréhension des autres face à mon moi parfois trop, moi. La force d’une habitude? Toujours est-il que face à une personne qui se laisse approcher aussi simplement qu’elle l’est, plus d’excuse pour ne pas y aller. Et je rencrontre ce jour-là, cette humanité.

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A nos humanités révoltées se doit d’être lu, chanté, déclamé comme lors de cet instant de flottement ou sa signature nous couvrit nous autres, de flamboyance!

Merci encore à toi Kiyémis et à bientôt j’espère dans un livre ou dans la vie !

Flamboyance sur toi
Ma recommandation:

étoiles 6

D’un féministe à l’autre, de soeurs à d’autres, de nos aînées à nous. L’histoire d’un féminisme noir n’est pas un rêve nouveau. Ce rêve d’une égalité entre elle et lui, d’une justice de tous les domaines entre Monsieurs et Mesdames, nos aînées avant nous l’ont fait. Avant nous elles ont menés les combats qui nous ont permis d’être aujourd’hui à même d’avoir des voix et de les faire entendre.

Loin de leurs consoeurs américaines, nos aînées mènent le combat en terre africaine , bien avant de nous transmettre la necéssité de toutes les égalités, sur toutes les terres.
Vous avez dit Féministe? suivi de (In)certirudes, Ndèye Fatou Kane

Amazon: 13€
Fnac: 13€

Ndèye Fatou Kane s’attaque au féminisme. Elle dresse un portrait des féminismes au travers de la vision de femmes qui l’ont portés de par les âges et les continents. De Mariama Bâ en passant par Simone de Beauvoir, Awa Thiam et effleurant Chimamanda Ngozi Adichie, Ndèye Fatou nous parle de nos aînées et de nous mêmes face à la réalité de ce combat, héritage et necéssité.
Ce que l’on en a pensé:

Ce que j’ai adoré dans ce livre, c’est l’histoire. Celle avec un grand H. Celle des féminismes des femmes africaines. Ndèye Fatou a à coeur sous une plume parfaitement maîtrisée et riche, de briser les préjugés concernant la « angry black feminist » ou alors la « angry feminist » tout court. Elle expose sa vision dans un avant-propos que j’ai dévoré. C’est sans doute cette part de l’essai qui m’aura le plus plu.

Ce voyage au travers les combats des femmes africaines dont le féminisme ne découle en rien (ou si peu) de celui des occidentales ou des américaines m’a beacoup appris. L’influence du feminisme occidental ou américain (black feminism) s’arrête là où les réalités des femmes africaines commencent. Elles savent adapter leur combat comme leur discours aux spécificités de leurs cultures. Dès les indépendances africaines, ces femmes décolonisent la pensée feministe en y accolant leur réalité propre. Ce féminisme héritier des sociétés souvent matriarcales africaines comme par exemple le Sénégal de Ndate Yalla MBodj (1810-1860) où l’équilibre entre féminin et masculin était maintenu n’envie rien aux autres et se fond dans la culture des sociétés africaines, Ndèye nous donne également certaines précisions quant à l’implantation du patriarcat dans ces sociétés, souvent emmenés par les conquêtes et l’implantation de nouveaux dogmes religieux qui ,en se basant sur une interprétation souvent…arrangeante, ont transformés les rapports de force et ont été à la base de nombre d’injustices envers les femmes africaines.

On explore également l’héritage du féminisme occidental en la personne et les écrits de Simone de Beauvoir. Cette incursion sans me déplaire m’a semblé un peu tatillone. Ndèye Fatou Kane ne va pas au fond des choses avec son analyse du propos de Simone. On la sent légèrement frileuse mais peut-être simplement que les idées de Simone lui semble parfois extrêmes ou est-ce seulement pour simplifier son propos?

Le chapitre qui a sans aucun doute provoqué le plus de réactions chez moi, c’est celui rédigé par le sociologue Jean-aimé Dibakana. Je me souviens l’avoir lu après ma rencontre avec une brochette de reines. La discussion m’avait apporté un nouvel angle de reflexion et c’est donc avec une fraicheur nouvelle que j’ai attaqué ce chapitre subdivisé en plusieurs questionnements essentiels apportant avec un certain discernement la vision d’un homme, qui plus est sociologue et artiste (romancier) à cette question de la perception du féminisme souvent négative.

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La lecture de ce chapitre fut le théâtre de nombreux cris révoltés, et d’une brûlure pour moi. Celle de la nécéssité d’une réponse. Ma mine fébrile s’empressa donc de noircir le livre de ma pensée tout d’abord outrée à la première lecture. Pourtant, après un verre de rosé bien frais et m’être obligée à relire ce passage, la discussion avec ces femmes noires et racisées flamboyantes que j’avais rencontrée plus tôt m’est revenue en tête. Et j’ai la conviction que ce chapitre assied encore plus intensément ma conviction de l’essentialité de ces luttes.

M. Dibakana dans ce chapitre, soulève des questions essentielles. Ces questionnements indispensables manquent pourtant à mon avis de plusieurs choses:

  • la prise en compte des avancées faites, des mouvements féministes propres au continent africain , souvent hérités des sociétés matriarcales mais surtout des sociétés secrètes qui existaient et existent parfois encore dans certaines « civilisations » africaines et qui détiennent un pouvoir certain (par exemple un droit de véto politique ou militaire) et donc qui prennent forcément en compte les réalités socio politiques, culturelles et économique de ces sociétés;
  • La nature politisé du principe même du féminisme qui induit la necessité au sein de ce mouvement de courants de pensés différents qui l’enrichissent et lui permettent d’évoluer. Car la réalité est telle qu’elle: un principe fondamental de liberté qui se veut d’impacter les pans politiques, culturels, économiques et sociaux de toute société n’en demeure pas moins porté par des personnes, humaines et le propre de l’humain est d’être divers, et d’évoluer. Cette diversité des courants féministes qui à mon avis est bien loin d’être européano centré – Bien sur, si on se fit seulement aux médias mainstream oui on a l’impression que c’est le cas mais depuis quand ces médias ont vocation à montrer la vérité?- est la garantie de l’adaptabilité du féminisme à toute réalité d’une société. Le féminisme ne peut être seulement un bloc, et le même bloc partout dans le monde véhiculant les mêmes idées, ça n’est pas viable et totalement utopique et d’ailleurs pourquoi hypocritement prétendre/éxiger/insinuer qu’il faudrait qu’il le soit?
  • La prise en compte de la parole des concernées directes, les femmes. Bien sûr le dialogue est nécessaire et l’inclusion des hommes est vitale. Mais énoncer des arguments en ignorant – selon ma perception de ce chapitre – les réalités d’une époque et en occultant ce qui existe tout comme la voix des concernées directes pour moi n’a pas vraiment de sens et est symptomatique de la pensée qui veut envelopper négativement LES féminismes. Affirmer que les femmes détiennent en réalité le pouvoir, c’est tomber dans le piège de la prétendue victimisation des femmes. Quand on regarde les postes à responsabilités, les salaires, les castes existantes et les populations les plus fragilisées notamment en Afrique ou encore dans les pays occidentaux, on ne peut tenir ce propos ni soutenir une argumentation basée sur le fait que les femmes féministes ignorent les différences naturelles entre femmes et hommes. Cela est simplement à mes yeux , une facilité de language. « Les premières féministes  » qui selon M.Dibakana en avaient conscience, (cf Olympe de Gouges) évoluaient dans une société ou par définition la femme était un être fragile (biologiquement parlant) et donc non à même d’accomplir certaines choses. Preuve donc de l’adaptation du propos des femmes aux réalités de leur contexte sociétaire et de leur époque. J’invite M. Dibakana à faire un tour sur les chantiers de BTP du côté du Cameroun et de rencontrer Sylvie maçonne et Annie, menuisière qui sont des femmes magnifiques( 2 parmies tant d’autres) qui bougent les lignes et les préjugés ou encore du côté de l’Egypte ou Sisa Abu Daooh déguisée en homme depuis plus de 40 ans a réussi à accomplir les tâches incombant à un homme dans le cadre de son travail sans que « les différences naturelles » entre les deux sexes ne lui posent le moindre problème. Prétendre/insinuer que les féministes de notre époque appellent à l’égalité sans prenre en compte les nuances que cela implique est tout simplement faux.
  • La féodation prétendue des « porteuses de valise » que seraient les feministes africaines envers la pensée féministe occidentale est pour moi une insulte à toutes celles qui se battent pour l’égalité des femmes en Afrique, prenant en compte les réalités de leur propre société. Les combats africains et occidentaux divergent, l’héritage de leur féminisme également. Que la pensée circule entre ces courants et coincident parfois n’est en rien l’illustration d’une féodalité entre les deux courants. C’est au contraire l’illustration de l’universalité du combat féministe. C’est tout autant ignorer le combat afroféministe qui se veut indépendant du féminisme blantriarchal et se réapproprie l’histoire de ces aînées africaines/américaines et d’autres pour parler en notre nom propre d’afropéenes et surtout mener un combat en phase avec notre réalité de femmes noires/racisées évoluant dans des sociétés à dominante blantriarcale et patriarcale. Sans s’approprier les combats des féministes africaines mais en restant en lien avec tous les féminismes à partir du moment où aucun ne s’approprie notre parole.

Le propos de M.Dibakana selon moi, manque non pas de pertinence, mais d’ouverture. Et est d’ailleurs symptomatique de la pensée patriarcale qui sent ses privilèges conférés par le paradigme dominant en danger. Les femmes africaines comme occidentales et d’ailleurs, ont parfaitement conscience des enjeux de leurs combats respectifs et de leur réalités culturelles, sociales, géographiques et politiques. Nos voix ne doivent pas être couvertes par les peurs de personnes qui refusent de déconstruire leur perception en comprenant vraiment ce que sont les féminismes. Ils ne sont pas parfaits, car nous ne le sommes pas , ils sont divers tout comme nous le sommes, et c’est tant mieux. Ce que le féministe devrait être, il l’est déjà. Des améliorations et une évolution sont nécessaires, les femmes en ont parfaitement conscience. L’inclusion de la pensée d’hommes déconstruits est donc la bienvenue mais sans toutefois nous invisibiliser et en toute humilité.

Ndèye Fatou Kane conlu son ouvrage par une nouvelle qui illustre les deux extrêmes de ce que l’abandon des convictions tout comme l’abandon/ la méconnaissance de soi peuvent être la cause. Une histoire de certitudes déchues et d’incertitudes permanentes. L’histoire de Chantal et de son autre. Soeurs de coeur qui se retrouvent à la croisée des chemins, face à ce qu’elles sont devenues. Ilusions déchues et réalités douloureuses. N’avons nous que ces chemins là, que ces voies là pour être? Grande question. Ce livre ne m’a donné qu’une seule envie: Rencontrer Ndèye Fatou Kane.

Ma recommandation:

étoiles 4

Reines d’aujourdhui, reines de demain et reines d’hier. Nous sommes reines de notre héritage et de notre identité. Elles ont levés le poing pour nous.
Afrofem, Collectif Mwasi
Editions Syllepse : 8 €
Amazon: 8€

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Le collectif afroféministe Mwasi, célèbre pour ses prises de positions, ses combats et ses actions, nous livre ici sa génèse. Elles nous parlent d’elles, de leurs visions , aspirations et parcours et de leur combat. Ce qu’elles y voient, ce qu’elles espèrent accomplir et ce pourquoi elles se battent.
Ce que l’on en a pensé:

Je ne pouvais évidemment ne pas lire ce livre. Précommandé dès l’annonce de sa sortie, je me suis réservée un moment de prise d’élan pour enfin l’ouvrir. Parmi mes must reads de la rentrée, je l’ai dévoré en quelques heures.

Mwasi commence par nous parler d’elles. Celles qui sont à l’origine du collectif s’expriment et se dévoilent. Je me suis sentie proche de certains de leurs questionnements, et de cette envie d’agir, de cette frutsration du constat de cet absence d’espaces safe pour nous, femmes noires et racisées sans pour autant que l’on doive monter des clubs de paroles (ce qui n’est pas un reproche) Notre absence du paysage politique a donc crée et pas seulement chez moi ce besoin de l’occuper, de la combler.

Afrofem, c’est ensuite la vérité d’un collectif, avec ses évolutions , ses luttes internes et ses courants de pensés changeants et divers. C’est la description d’une nécessité, de certains choix – la non mixité par exemple- celle du pourquoi un afroféministe mais au delà de ça, c’est un outil, pour les sistas. Un outil pour comprendre un collectif, comprendre pourquoi certaines se font entendre, comment il est possible de se faire entendre et pourquoi il faut refuser de laisser notre parole être accaparée par d’autres.

Un petit livre saisisant et beau, sur la sororité et l’organisation politisée de la prise de parole des femmes noires et racisées, dans un pays comme la France. J’ai beaucoup aimé la vérité de ces femmes qui se racontent. Précisant toujours ce besoin d’authencité qui est le leur dans tout ce qu’elles font et surtout dans cet ouvrage. Afrofem n’est ni un essai ni un pamphlet, il est la vérité de Reines.
Ma recommandation:

étoiles 5

Cet article est un parcours en moi-même que je suis heureuse d’avoir effectué avec de tels sources d’apports, en tellement de choses différentes.

Merci à vous d’être passé.es, et Bonne futures lectures.

À bientôt,

Chocolatement votre,

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La demoiselle chocolat

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