Langa (lecture)

Il est des moments dans la vie où passion doit être synonyme d’évasion. Dans ces moments là, avoir une obsession s’avère salvateur. S’évader…prendre son envol de la cage logique qu’est la vie.

Je suis dans cette période où le besoin d’évasion est vital. Et j’en suis d’autant plus avide que la lecture est à mes yeux le moyen d’évasion par excellence. Néanmoins, mon besoin d’évasion s’accompagne de la fuite d’émotions trop dense.

Alors j’avoue avoir délaissée quelque peu ma liste de livres à lire pour ce défi de juillet et m’être légèrement vautrée vers des choses un peu moins …consistantes.

Quoique…

Bingo love, Tee Franklin, Jenn st-Onge, Joy San

Amazon 9,06€ (édition normale)

13,55€ (jackpot édition)

Il y a quelques semaines, j’assistais à la Gay pride 🏳️‍🌈 lyonnaise. Fière de voir que la plupart des grandes villes françaises fêtaient la liberté d’être soi. A l’occasion de cette pride, quelques événements étaient organisés en marge notamment des discussions en non mixité pour aborder différents sujets. Lors de l’une de ces réunions, après l’évocation de la marche parisienne prise d’assaut par différents mouvements évoquant l’invisibilisation des personnes racisées LGBTQI+ au profit d’une politisation factice, une autre invisibilisation a été pointée du doigt. Celle des personnes LGBTQI+ racisées ou non d’ailleurs dans le monde du livre. Bien sûr, les courants MxM ou FxF (homoromance) existent dans le genre YoungAdult ou Romance mais quand est-il des autres couleurs de la diversité d’être soi? En France, comment est ce perçu de lire / éditer des livres avec des personnages LGBTQI+ pour enfants par exemple ? Existe-t-il d’ailleurs ce type de livres dans l’univers éditorial français ? Je vous en avait présenté un il y a quelques mois de cela, et j’ai donc eu le plaisir de pouvoir en parler et de le présenter de vive voix lors de cette réunion (lien) toutes ces questions m’ont poussées en ressortant de là, à titiller mon ami Google et sans surprises, les livres jeunesse ou non, édités en France inclusifs de ce point de vue là ne sont pas légion. Si vous en connaissez d’ailleurs, n’hésitez pas à commenter pour partager avec nous les titres je suis preneuse.

Tout ça pour dire qu’en cherchant, on finit par trouver. Pas forcément ce que l’on veut, mais on trouve. C’est ainsi que j’ai trouvé Hazel Johnson dite Elle et Mari McCray.

Ainsi que j’ai trouvé leur sublime histoire d’amour et les dessins somptueux qui accompagne ce roman graphique.

Bingo love est une de ces belles aventures dont le monde a le secret. Tee Franklin et ses copines illus en ont eu marre de devoir chercher partout des femmes noires ou racisées LGBTQI+ dans les rayons des librairies et elles ont donc décidées d’en créer elles-mêmes.

Tee Franklin

Mari et Hazel se rencontrent à la séance de bingo dominicale de leurs grand-mères respectives en 1963. Inséparables et meilleures amies, elles s’avouent que ce qui les lie est de l’ordre de l’amour au sens marche nuptiale du terme au bout de 4 ans. Mais la société étant ce qu’elle est, Mari et Hazel comprennent vite qu’elles ne pourront jamais s’aimer. Chacune construit sa vie sans jamais oublier son amour de jeunesse et 50 ans plus tard, un « bingo » les réunit à nouveau.

Ce que l’on en a pensé :

Kyaaaaaah *cri de fan de Justin Bieber ou Tokyo hotel en transe*

J’ai adoré! L’histoire est simple. Une de ces histoires d’amour que l’on pourrait croiser au cinéma. Une de ces histoires dont on rêve en secret : 🎵un jouuur ma princesse reviendraaa 🎤 *blanche neige voice*

Elles s’aiment, se perdent, se retrouvent et s’aiment plus que jamais.

L’amour y est présent à chaque page. Les dessins sont riches et ronds les personnages sont complexes sans être lourds. On s’y reconnaît. Dans nos questionnements de vie, nos peurs et souvent le courage que nous avons d’être nous mêmes.

Hazel nous raconte sa vie avec tendresse. On suit ses questionnements et les bouleversements qui l’ont forgés. Écrit simplement et superbement illustré, ce romance comic est simplement une tendresse. Vous êtes une âme romantique ? Lisez le!

Vous pouvez suivre l’aventure Bingo love sur http://www.bingolovecomic.com

Ma recommandation:

Niveau d’anglais:

FULÙ tome 1 à 5, Carlos Trillo, Eduardo Risso

Amazon 15€ intégrale

Fnac 15€ intégrale

Dénichée dans une banque du livre à Saint Étienne lors d’une balade( je vous mets l’adresse en fin d’article), Fulù m’attire d’abord à cause de son apparence s’il est bien des personnes non représentées, ce sont celles qui en plus d’êtres noires, ont une particularité de naissance (albinos, Vitiligo etc…) Fulù est une femme noire aux cheveux clairs (blonds)et aux yeux clairs (verts). On se souvient de la photo de Grâce Esther prise dans un orphelinat par l’association Le divan au Cameroun petite fille sourde et muette atteinte du syndrome de waardenburg qui a défrayé la chronique en février dernier.

Mais, si Grâce doit à sa maladie ses tâches de rousseur et la couleur de ses yeux, des personnes ayant cette particularité physique sans être atteint d’aucune maladie existent bel et bien. Les mélanésiens d’Australie par exemple qui ont les cheveux naturellement très clair.

Google images

Une bd qui représente cette partie de la population noire donc, chouette!

Je prend les 5 tomes svp 😁 d’autant que le prix est plus que correct et l’état des bds également (2€/tome)

Tome 1 à 3

Fulù vit sur les côtes africaines quand son village se fait attaquer et elle capturer par un pirate qui ambitionne de la revendre non sans avoir assouvit ses pulsions.

Achetée par une noble par pure jalousie, Le destin de Fulù va se jouer entre la jalousie de ses maîtresses et les lubriques envies de ses maîtres. Fulù saura toutefois jouer avec les désirs des uns et des autres pour se venger et se tirer de nombreux périls.

Fulù rencontrera enfin celui qui lui est destiné. Celui que les dieux ont décidés qu’il serait sa moitié. Bonde. Mais leur amour est-il fait pour durer dans un monde où l’état d’humain leur est refusé ?

Tome 4 et 5

Les dieux n’abandonnent pas Fulù. Elle mettra au monde Saga fille de Bonde et saura nouer les fils de son destin avec intelligence. Nder Saba l’accompagne. L’esprit de ces ancêtres la guide.

La liberté, le retour oui, mais à quel prix?

Ce que l’on en a pensé :

Si l’histoire en elle même peut être jouissive, dans cette façon qu’a Fulù de toujours se sortir des pires situations avec panache, cette bd ne fait malheureusement que renforcer les préjugés envers les personnes noires avec une particularité. Dans beaucoup de pays, la différence est synonyme de pratiques occultes ou de malédiction. L’albinisme par exemple. Les personnes albinos sont encore attaquées et traquées à cause des supposées vertus de leurs os ou de leurs dents.

J’entend bien qu’un scenarii de bd n’est pas forcément là pour représenter qui que ce soit ou même être le vecteur de l’image d’une population donnée. Mais je trouve ça très honnêtement révoltant que pour peu qu’il y est de représentation de ces personnes , ce soit pour renforcer les préjugés qui circulent sur la dite population.

Fulù cumule les clichés. Ses yeux ont forcément un pouvoir. Son corps est bien entendu le seul moyen qu’elle ait pour se sortir de la plupart des situations et évidemment son salut ne viendra des Dieux qu’à condition  » qu’elle ne se laisse pénétrer  » que par l’homme qui lui est destiné.

Les dessins ne sont vraiment pas terribles. Je ne sais si cela était un parti pris de l’illustrateur mais il a réussi son coup. Le trait n’est ni fin ni net, certaines planches sont carrément grossières. Je me dit que cela est sans doute fait pour illustrer l’absurde de certaines situations décrites ou plutôt pour accentuer les sentiments que les personnages ressentent à ce moment précis…

Fulù et ses pouvoirs. Cette chose qui m’a exaspéré. La dépeindre comme intelligente et forte n’aurait pas suffit à expliquer comment elle arrive à se sortir du pétrin non, il fallait qu’elle ait des pouvoirs, puisqu’elle a une apparence différente…

Cette bd de mon point de vue est une volonté maladroite d’offrir une certaine lecture de l’esclavage, d’offrir une héroïne différente. Le personnage de Fulù part d’une bonne base mais n’est pas abouti. Elle regorge de préjugés et c’est bien dommage parce que l’histoire aurait sans doute été pas mal. Je suis bien contente de n’avoir pas déboursé plus que ce qu’elle ne vaut réellement.

Ma recommandation:

Cachée Derrière le mur, Hamitraoré

Amazon 12,00€

Dimi rencontre Robert, conte de fée. Robert et Dimi se disent oui, rêve éveillé. Robert bat Dimi, réalité brusque.

Ce que l’on en a pensé:

J’ai acheté cet ouvrage alors que je cherchais un.e auteur.e du continent qui aborde les sujets du viol, de la pédophilie et des violences faites aux femmes dans mon pays d’origine. Je suis tombée sur Hamitraoré qui se bat contre les violences faites aux femmes en Côte d’Ivoire.

L’auteure Hamitraoré a d’abord publié un couteau brûlant livre sans langue de bois sur l’horreur de l’excision. Son deuxième ouvrage, cachée derrière le mur, nous parle des violences faites aux femmes. Mariages arrangés ou forcés, déscolarisation, viols, violence conjugale…

Les sujets abordés sont durs. La façon de les aborder est réaliste.

Dimi est une jeune femme psychologue en Côte d’Ivoire. Mariée et maman. Robert son mari, la bat. Elle, achète des boubous pour cacher les bleus. Sa mère lui dit qu’elle a de la chance; sa meilleure amie lui dit sauve ta vie. D’autres vivent pire. Dimi sait qu’elle doit arrêter ça mais comment ? N’a t-elle pas tout ce dont une femme peut rêver ?

Dimi, Un personnage qui m’a plutôt plu. Elle est attachante.

Si on met de côté les nombreuses coquilles, 😥 l’histoire est belle. Histoire comme on peut en rencontrer tous continents confondus, celle d’une femme qui se retrouve enchaîné à un homme violent, que la société couvre. Celle de la violence acceptée par tou.te.s ou presque sous prétexte de convention sociale. Celle d’une fin qui n’en est pas vraiment une.

Dans l’histoire s’ imbriquent les histoires. Et finalement on s’y perd. A ne vouloir oublier aucune autre souffrance, Hamitraoré nous lâche par moments dans des endroits sans repères, pour nous retrouver dans le cabinet de Dimi quelques lignes plus tard, toujours sans repères. Est ce là ce que notre héroïne ressent ? Allons savoir.

Le fait que le récit soit court ne le sert pas forcément. Quelques lignes de plus auraient peut être permises une meilleure organisation de celui -ci.

Néanmoins j’ai bien aimé la plume d’Hamitraoré. Elle comporte une certaine légèreté, et le cynisme qui convient au ton parfois grinçant qu’elle donne au sujet.

Ma recommandation:

*Instant bon plan*

  • Les banques du livre reprennent vos livres gratuitement ou moyennant un règlement après estimation.
  • Il n’y a pas mieux pour se procurer des mangas en série et à bas prix

Enfin l’adresse de la banque du livre à st Étienne:

Place Anatole France, 42000 saint Étienne

Merci d’être passé.e.s les ami.e.s!

A très vite 😘

Chocolatement votre,

La demoiselle chocolat

Psst : des liens sont disséminés dans cet article

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