Nguvu, Puissantes!

Il était une fois, des femmes. Je vous parle souvent de femmes vous me direz mais n’en suis je pas une ? Au delà du clin d’oeil à une future lecture qu’il me tarde d’entreprendre, aujourd’hui j’ai décidé d’explorer les lignes et les histoires de femmes puissantes. De femmes qui ont eu des parcours riches, et n’ont pas attendues l’avènement du prince sauveur. Tel sera mon défi de ce mois de juillet déjà pas mal entamé 😁.

Je ferai donc des mini reviews de mes lectures assez régulièrement , vu le nombre de livres que j’ai sélectionné pour ce défi 😂, gourmande que je suis. En espérant finir tous les livres à la fin du mois. Ce qui est sûr c’est que ma pal m’en remerciera… et ça c’est déjà pas mal.

En introduction, je vous présente une reine. Symbole par excellence de puissance, au delà du titre il s’agit d’un vécu, d’une femme qui a façonné l’histoire d’un pays, d’un royaume. À la méconnaissance des reines guerrières par l’histoire en général, s’ajoute la falsification historique dont le continent africain est encore malheureusement victime de nos jours. Les reines guerrières ayant façonnées l’histoire de ce continent sont alors doublement méconnues, voire carrément ignorées.

Nzinga mbandi elle, est parmi les plus connues. Son histoire est une épopée guerrière menée par elle-même. Une héroïne de la rébellion anti esclavagiste sans le savoir. Elle a régné sur le royaume du Ndongo et Matamba (actuelle Angola) pendant plus d’une trentaine d’années. Années pendant lesquelles elle mena une guerre féroce contre les portugais esclavagistes.

Nzinga est forte, fière et pas bête pour un sou. Son extravagance détonne.

La biographie qu’en fait Francisco José un prêtre brésilien métis indo-portugais est fascinante.

On apprend une femme forte, sûre de son pouvoir et stratège. Eduardo Agualusa donne au narrateur un ton évolutif. Il nous raconte son arrivée, sa perception des autres, les noir.e.s dans un monde où iels sont dominé.e.s par les forces occidentales.

Francisco fait la connaissance de la reine alors qu’il est envoyé auprès d’elle en tant que secrétaire. Il découvre cette culture nouvelle un peu effrayé, mais s’adapte peu à peu jusqu’à mettre à mal ses propres convictions.

Ce livre m’a plongé au sein d’un monde que l’on s’imagine cruel et éprouvant pour les noir.e.s sans aucune autre réalité que la traque. Si cette traque est omniprésente, José eduardo décrit également comme si nous y étions les modes de vies de peuples, la résistance de beaucoup.

La reine lorsqu’elle accède au trône est un personnage puissant et entend bien le faire savoir. Une femme qui choisit son époux, la polygamie existe bien nous dit Francisco, mais elle peut autant être masculine que féminine. Nzinga à d’ailleurs un harem de maris, qu’elle habille en femmes.

Autre destin, même histoire, celle de la servante qui contribua à la renommée de la puissance de la légende Nzinga. Celle qui lui offrir son dos devant le gouverneur portugais de Luanda qui ne lui offrait qu’une natte en guise de siège.

Abandonnée par la reine sur place car celle ci

 » n’utilise jamais le même siège par deux fois  »

Elle connaîtra un destin plutôt favorable.

Ce que l’on en a pensé : Le livre est bien construit avec des références et des rappels historiques qui ancrent le récit dans le réel sans en faire un récit historique. Évoluer avec Francisco qui est censé être du « bon côté  » de la force du point de vue de l’époque si cotés il y a vraiment, permet de comprendre la pensée dominante de cette époque où appartenir à quelqu’un était dans l’ordre des choses. Le côté romancé du récit est très agréable. On suit Francisco dans ses tribulations et l’évolution de sa vision des choses.

Le parti pris du narrateur de nous montrer à quel point la haine de l’autre est parfois stupide et qu’apprendre à se connaître les uns les autres éviterait bien des guerres m’a également plut.

Autre chose qui m’a interpelée et avec quoi je suis totalement d’accord c’est cette démonstration que nous fait le narrateur de l’aspect politique de la religion à cette époque. De l’appui qu’en prennent les portugais avec le catholicisme et/ou d’autres nations et peuples avec les leurs, pour valider les actions les plus cruelles.

Francisco sera d’ailleurs excommunié pour avoir aidé Nzinga. Ce livre est tombé à point dans mon besoin d’en savoir plus sur l’histoire du continent.

La bd quant à elle, m’aidera le moment venu à familiariser mon petit monstre avec les grands personnages de l’histoire de notre continent. Elle est assez bien faite avec ses grandes illustrations. Mais les paragraphes assez longs ne conviennent pas encore à l’âge de little Monster et je dois donc lui en faire lecture et lui expliquer pas mal de termes. Je pense qu’elle convient à une tranche d’âge à partir de 10 ans environs.

Elle est assez précise et donne de vraies infos géographiquement ou historiquement parlant.

Avant de continuer, une petite exception.

La ceuilleuse de thé de Jeanne-marie Sauvage-avit

Cette petite exception dans ma trame de lecture de livres issus de la sphère afropeene/afroamericaine et africaine, est un livre d’une puissance qui m’a frappé. La ceuilleuse raconte l’histoire de Shemlaheila, Pokonaruya, Mohanty et les autres.

Une jeune fille indienne qui vit et travaille dans une plantation de thé sous le soleil Srilankais. Elle évolue dans ce monde dont elle ne veut plus. Elle rêve d’ailleurs, de mieux.

Ce livre est un condensé de plusieurs choses. Écrit simplement, sa construction est assez surprenante. Il m’a révolté, attendrit, souri. Tout cela en quelques pages.

Suivre le parcours de shemlaheila et les autres, c’est suivre le parcours de nombre de femmes qui ont dû faire face à la lourdeur d’une existence qu’elles n’ont pas choisies. Et pour pour cause, le livre se concentre sur un parcours mais nous en offre plusieurs. Violence conjugale, maltraitance morale, immigration, pédophilie, viol, exploitation ouvrière, racisme, intégration, vieillissement des populations, poids des traditions …

Ce livre est un combat. Je l’ai dévoré en quelques heures. Il est de ceux qui lorsque je les parcourent, me remémorent pourquoi j’aime tant la lecture.

Derrière nos tasses de thé fumant, comme derrière nos écrans tactiles, des drames se jouent, des enfants et des femmes sont déshumanisé.e.s, écrasé.e.s.

Ces bus de touristes qui viennent prendre la superbe photo du paysage et de la ceuilleuse en sont la flagrante métaphore. On les voit sans vraiment le faire ni le vouloir d’ailleurs, on le sait sans vraiment vouloir le savoir.

La fin jouissive m’a arraché un grand éclat de rire. Et j’ai refermé ce superbe voyage en étant résolue à n’acheter desormais, après mon récent passage au bio équitable pour la plupart de mes produits, que du thé issu de cette même façon de production.

2 réflexions sur “Nguvu, Puissantes!

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