Noires!

Bonjour cher (e)s tou(te)s !
J’ai longtemps cherché comment intituler le billet que je m’apprête à écrire.
Cette impression de lecture que je vais vous livrer aujourd’hui me hante depuis un moment, car en réalité, j’ai terminé de parcourir les mots dont je vais vous parler depuis un certain temps. L’inspiration était là, mais une certaine hésitation m’habitait. Car au-delà des mots des auteur(e)s que je m’apprête à commenter, il y a ce pic en plein cœur que ces livres ont suscités en moi. Je ne trouvais pas les termes exacts pour dégager l’essence que j’en ai perçu.
images (16)J’ai choisi « Noires » comme titre mais en réalité, je pense « Afropéennes ». Je me suis pourtant refusé à l’utiliser car bien qu’il englobe parfaitement par la réunion de ces deux mots ce qui me caractérise, caractérise les auteures et les narratrices de ces œuvres, je lui trouvais pour défaut, de ne pas porter en lui le cri du cœur que sont ces livres. Un cri victorieux, empreint de combats intérieurs, un cri strident et puissant. Un hurlement de guerrière. Je me suis aussi refusée à emprunter ce mot à sa créatrice, l’iconoclaste Leonora Miano de peur d’en dénaturer l’âme, de ne pas saisir toute l’enveloppe et l’emphase qu’elle y met. J’ai donc choisi Noires, pour ce que je suis, pour ce qu’elles sont, pour ce que NOUS sommes.

Vous avez sans doute entendu parler du film « Black panther » sorti en salle le 14 Février dernier, dont je vous parlais brièvement d’ailleurs ici. Je vous éviterai mon enthousiasme profond et ma joie toute enfantine, de pouvoir enfin montrer à mes petits monstres, une fiction « block buster » valorisante, encrant en eux cette image du personnage noir héroïque et puissant, de la femme noire glorieuse et forte. Ce film s’inscrit dans la continuité de ce que ces livres ont provoqués en moi. Les langues se délient. Les images et les mots nous portent enfin. Nous montrent enfin, dans toute cette complexité et quelque part cette réunion de vécus et de questionnements souvent identitaires qui font de nous UN peuple.

Je vais donc vous parler aujourd’hui de femmes noires. De moi, et d’elles. J’espère qu’elles me pardonneront cette appropriation faite de leurs textes et peut-être un peu de leur histoire, d’elles.

Black in the city, Marie-Inaya Munza
Black In C

Amanda Parks, Jeune et ambitieuse parisienne, fait ses preuves chez Giant&co une agence de communication réputée internationalement, spécialisée dans le monde de la mode et des créations artistiques. Elle y espère une brillante carrière d’autant que Freddy, son supérieur direct, directeur du service relation presses et publiques, envisage de s’expatrier. Le poste est donc à prendre. De l’avis de tous, Amanda serait la plus à même de briguer le dit poste étant la meilleure dans son domaine. En effet, Amanda donne tout, au presque à son travail ; se réservant tout de même quelques moments avec Hugo, son chéri ainsi qu’à elle-même avec ses ami(e)s ou à la zumba. Amanda se considère comme une jeune femme en phase avec son temps, bien dans sa peau et son travail. Congolaise de part ses parents, et née en France, son identité de jeune femme noire ne lui pose aucun problème et n’en a jamais posé à son entourage. Jusqu’au jour où, la fameuse nomination lui passe sous le nez et qu’une phrase vienne mettre un coup d’arrêt à tous ses espoirs : « Mais enfin, Amanda ? Tu espérais quoi ? Tu rêves ou quoi ? Tu as bien regardé l’organigramme ? Tu as déjà vu une femme noire ou un homme noir à un niveau plus élevé que le tien ici ? ».
Voilà qui sonne le glas de la tranquillité mentale d’Amanda. Son petit monde conscient est tout à coup remis en cause. Noire …elle est noire, mais qu’est ce que cela signifie-t-il vraiment dans les yeux d’autrui ? Et à ses propres yeux ?

Ce livre est l’état de fait d’une perception qui a généré en moi une impression. La perception de soi, des autres par nous et de nous par les autres. Léger et simple à lire, Black in the city explique, cette sensation que les personnes noires en général, ici les femmes en particulier, ressentent souvent : se découvrir noir(e)s, différent(e)s dans le regard des autres. Cette différence n’étant pas forcément une bonne chose. La violence avec laquelle l’auteure décrit le choc qu’est cette « révélation » pour notre Amanda, est je pense très importante.
On entend très souvent les sirènes de la « minimisation » étouffer celles d’un constat de racisme. « Oh ça va, on ne peut plus rien dire », « c’était une blague », « c’était juste mal dit, maladroit » « il faut arrêter de voir du racisme partout » etc… la liste est infiniment remplissable. Bien sûr, le racisme n’est pas présent partout, bien sûr le monde aujourd’hui n’est plus ce qu’il était hier, mais la vérité à mon sens est que la perception que l’on a des autres, passe très souvent par des clichés et autres stéréotypes souvent hérités d’une partie très sombre de l’Histoire de l’Humanité qui a traversé les âges en devenant une norme pour certains et une voix (inconsciente souvent) dans l’éducation : Nous sommes éduqués à être misogynes, racistes, homophobes, xénophobes, indifférents…
Black in the city ne nous conduit pas seulement au travers des miasmes d’une situation raciste en elle-même, avec la violence directe que l’on s’imagine souvent dans une situation de discrimination,  mais comment cette réalité nous frappe,nous,afrodescendants à la culture plurielle, quelle forme subtile elle a prise avec le temps et l’évolution de la société, comment il est parfois difficile de la faire percevoir aux autres avec par exemple le « mini déni » du compagnon d’Amanda et d’elle-même au départ, et surtout, au travers cette réalité qui s’impose à nous à un certain moment de nos vies: la recherche de soi. Qui sommes nous mais surtout quelles sont nos racines dans une culture, ou dans l’autre.

Pour évoluer dans une société telle que la nôtre aujourd’hui où, le symptôme du déni racial nous frappe tous, j’ai d’abord eu un mal fou à saisir ladite discrimination raciale dans ce qui arrive à Amanda.
La subtilité avec laquelle Marie-Inaya Munza emmène la situation, sans jamais clairement la nommer de la part de la partie en cause, cette façon qu’à l’amie même de notre personnage principal de mettre des mots sur cette réalité comme si elle était une évidence, pire, un fait indiscutable qui ne changera jamais, comme s’il ne restait à Amanda que le choix d’accepter et de se taire surtout. Métaphore de l’état actuel des choses pour nombres d’entre nous…
[C’est comme ça, mais puisque tout le monde dit que ça n’est pas tant de choses; vivre avec n’est pas insurmontable; il vaut mieux voir la vérité en face : on y peut rien. Alors surtout ne jamais dire, ne jamais y penser, ne jamais en parler. A quoi cela servirait-il de toute façon ?]
Toute cette introduction de la situation clef de ce livre induit cette tirade que l’on entend souvent. Un regard, une remarque, un poste qui passe sous le nez, l’attitude des autres et on se voit laid(e), un rebut,
une personne qui n’a pas sa place là…Noir(e), on est Noir(e) et c’est mal.

 Cette horrible impression que quand les autres la regardent, ils regardent quelqu’un d’autre que celle que tu es […] Elle a aussi l’audace d’être une femme noire et ambitieuse. Ça fait beaucoup.

Ce déchirement de se voir rejeter par une part de soi, cette part pourtant indiscutablement présente en nous autant que l’autre, cette part acceptée par nous. Cette dure réalité qu’est parfois la double culture.

Ce livre léger à la plume et pourtant dru de sens et de vérités, ouvre les yeux sur cette dualité de culture si mal acceptée par nous-mêmes afropéens, car Amanda est vorace d’informations, pleine de savoir sur la culture Noire et son histoire, mais jusqu’ici n’avait jamais ressentie le besoin d’en faire quoique ce soit. Non qu’elle le devait, mais se sentait-elle vraiment concernée?  Elle ne se savait pas attaquée, le racisme, oui mais c’était il y a longtemps, dans les années oubliées…aujourd’hui le monde avançait, se mélangeait…Oui mais trop.

Black In the city m’a réservé une surprise de taille: agréable cheminement sur la question de la responsabilité parentale.
Pour moi, le mois de Mars n’est pas seulement au fil des années le mois de La Femme,de ses droits, de ses combats,  il est aussi et surtout ce mois où je me suis vue naître mère. Alors, que Marie-Inaya me porte sur ce cheminement m’a paru un signe (laissez-moi rêver…) et je ne pouvais donc point publier cet article à un autre moment qu’en ce mois.

Quel rôle les parents ont-ils à jouer dans cette pluralité culturelle si problématique ?

 Sa propre mère est une femme bien dans son corps, bien dans son histoire et bien dans sa vie. Elle n’a jamais eu honte ni de ses origines, ni de sa couleur de peau
-Elle me disait souvent que le soleil avait élu domicile sur notre peau et que cela doit être une grande fierté

La manière dont Darlène la mère d’Amanda Parks a choisi d’élever ses enfants, me rappelle par bien des côtés certaines de mes amies, et autres mamans blogueuses que je suis, notamment Danielle du blog Best Of D. , ou encore ma copine de l’espace, Carole du blog Les étoiles Noires Tant que nous y sommes, embrayons sur la petite parenthèse « je rends hommage à ». 9_emoji.png

Je fais le parallèle entre ces femmes qui bien loin d’être des superwoman dans le sens où la société aime à l’imposer aux femmes, notamment aux femmes noires, celles-cis ont fait un choix, qui de nos jours paraît courageux et pourtant qui de mon point de vue est totalement logique: la positivité. Car pour moi, il s’agit bien ici de faire un choix.

La positivité dans la manière d’aborder l’éducation de nos petits.

Le  choix pour Danielle de réfuter totalement la violence éducative, et pour Carole de réfuter totalement la violence de la non représentation et donc par là même, la violence éducative. Et le choix pour Darlène, ce personnage qui m’a beaucoup marqué dans cet ouvrage, d’ouvrir ses enfants à la possibilité d’être, sans se percevoir différentes des autres.  Ce choix, auquel tous les parents à la culture double sont confrontés. En clair, donner les clefs à nos petites têtes bouclées de pouvoir et de voir, en leur disant « tu peux (dans le sens tu as toutes les capacités pour) et non plus « tu dois! ».  Il ne s’agit pas de les fermer à la difficulté de se voir différent(e)s dans les yeux des autres,  mais de les ouvrir, de les préparer, à être ceux qui demain, changeront la donne. De leur montrer, les possibilités infinies qui sont les leurs en tant qu’être Humains.

Black In the city fini de me marquer avec cette positivité qui le caractérise. Dans la représentation de l’Afrique, plus précisément du Congo. Avec des personnages conscients d’eux-mêmes, des descriptions ancrées dans la réalité, la beauté et la richesse de ce pays, de ce continent.

Un livre acheté d’abord pour cette magnifique illustration, qui s’est révélé beau dans toute sa construction, son esthétique et la manière dont son auteure l’a menée.

A LIRE ASSUREMENT!

Continuons notre voyage avec les mots poétiques d’un livre qui pour le coup, m’a ramené à moi-même.

 Et ma langue se mit à danser, Ysiaka Anam
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J’ai toujours cru qu’être noire c’est être gauche.

Dès la première phrase, Z. m’a happée. Elle a décidé de m’emmener loin, dans mon enfance, dans son enfance. Loin dans son mal-être d’être. D’être partie, sans sa langue? Loin dans son voyage pour la retrouver.

Z. est une petite fille partie du pays natal avant de pouvoir en garder des souvenirs telles des photographies ancrées en elle. Elle est partie, suivant ses parents, vers un mieux incertain. Mais qu’a-t-elle pris avec elle? Que possède-t-elle de son Histoire? De celle de ses ancêtres? De celle de ses parents?

Dès le Premier chapitre, j’ai cru lire mes mots. Ceux d’une petite fille déphasée, qui décide de se cacher en elle-même pour ne pas avoir à faire face, ne pas faire de bruit. Vivre le silence comme son père le vit, vivre le silence d’une mère qui se sent basse, méprisée. Vivre les autres comme lointains.

Ne deviens pas comme eux, les Blancs
Réussis aussi bien qu’eux, montre-leur que tu peux faire comme eux.
Mais, ne te prends pas pour eux.
Ne crois pas que tu es comme eux.
Ni qu’ils te considèrent pleinement comme des leurs.
Ne te confonds pas avec eux.
N’oublie pas qui tu es, vraiment,
Et d’où tu viens, Toi d’où On vient, Nous.

Et pourtant, ce eux, est un nous, ce nous est un eux, et vice-versa.
Cette sensation d’appartenance au bout de quelques jours de retour au pays, cette sensation d’être ici chez soi au bout de quelque temps, revenue ici.
Cette ambivalence d’être à la fois eux et nous. Avec cette perdition, de n’avoir aucun terrain où réunir ces deux Moi.

Ces semblants ici et là bas. Cette solitude, seul terrain où le silence se fait refuge. Une recherche effrénée pourtant secrète? Ponctuée des silences de parents eux-même perdus dans leurs Histoires.

Z. cherche, une langue, un souvenir, une appartenance. Z. doit choisir croit-elle entre eux et nous. Z. ère entre cette enfant aux chevaux hirsutes qui refuse son rôle de celle venu d’ailleurs et pas vraiment d’ici, cette adulte aux mots empruntés qui se love dans un rôle et cette femme qui boite dans les chaussures d’une autre. Cette femme à moitié pleine et à moitié vide. Celle qui doit trouver, trouver le juste milieu pour savoir où accrocher son identité.

Encore et toujours cette double réalité. L’une omniprésente l’autre que l’on croit sous-jacente mais qui pourtant ne rate une occasion de se rappeler à nous.

Migration questionnante, perturbante, déroutante.

Quelques années après, j’écoute à la radio le témoignage d’une  Israélienne « pour moi disait-elle, pouvoir m’autoriser à détester parfois, Israel est ma manière à moi d’être devenue pleinement Israélienne. »  Ca m’apaise. Je peux dormir à nouveau.

La légitimité de soi, en tant qu’autre ici et autre là-bas; retrouvée. L’histoire de Z. L’écriture comme porte ouverte sur l’identité. L’écriture qui permet de rassembler. De tisser entre eux les souvenirs et d’en faire une carte, une carte pour se retrouver soi-même.

L’écriture c’est cette partie de moi qui a besoin d’émettre une parole. Et d’être entendue. Elle me permet de rencontrer cette enfance précaire et de m’en séparer un peu. Aujourd’hui je ne sais pas encore faire une pièce unique où tout tiendrait parfaitement ensemble. Mais j’apprends à rassembler mes fragments.

Ce que m’a offert Ysiaka Anam avec cette lecture d’une écriture fluide, hachée de ces questionnements, de ces histoires dans l’histoire est une plongée en moi-même. Z. m’a pris la main et ma racontée sans trop en faire avec une poésie chantante cette recherche des mots qui me constituent,  sa recherche, notre trouvaille cheminante au fur et à mesure de nos maturités, des souvenirs qui font que je suis moi. Enfant de la migration, perdue à un moment de sa vie, et qui retrouve comme Z. un petit bout d’elle à chaque pas vers ce que je suis, la pluralité de ma culture acceptée de jours en jours.
Ce voyage intérieur que beaucoup d’entre nous, Afropéens avons en commun. Ce vécu déracinement tant physique que mental.images (28)

J’ai lu Ces deux livres en parallèles car les deux parlent d’un sujet universel, d’une donnée avec laquelle devra compter le monde et qui assurément façonnera celui de demain: le métissage. Tant culturel que physique. Le mélange des cultures avec ce que cela apporte comme adaptation, comme choix, comme vécus. Offrir à nos enfants la possibilité d’être à la fois un et deux voir trois ou plus. éradiquer cette part de souffrance que l’indifférence, les silences et l’occultation des passés,  la peur de l’autre apportent. Une utopie peut-être, mais une réalité pour beaucoup de parents. Le monde est pluriel accompagnons le.

Je ne sais pas quoi faire de ma vie, Fathia Radjabou

Toutes ces femmes qui font que nous sommes une. Toutes ces histoires qui font que nous sommes individuelles et uniques.

téléchargement

Amazon: 15 €

Fnac : 15 €

Poids de la tradition , charge mentale, mythe de la belle au bois dormant, peur du changement, exigence sociétaire, indifférence symptomatique, recherche de soi, nouveau départ, désillusion, courage de vivre pour soi et de vivre ses rêves, engrenages religieux extrémiste, place en tant que femme dans la société aux yeux de soi et des autres…voilà un panel des thèmes abordés par Fathia Radjabou dans ce premier ouvrage, recueil de nouvelles publié aux éditions Presence africaine en 2014. Fathia nous conte les tranches de vie et les questionnements de femmes marseillaises d’origines diverses mais pour la plupart africaines.

Solitude, peur, divorce, mariage, maternité…bilan dix ans plus tard.

On oscille entre les différents mal-êtres, et questions d’être de ces femmes. Elles nous confient parfois la chance d’être où elles sont comparés à d’autres, la fierté du chemin accompli tout en crachant tout de même le constat piteux de n’avoir pas pu aller au delà de ce qu’elle sont, par pure misogynie sociétaire.

D’autres nous parlent du peu d’attentes qu’elles avaient de la vie et de la tonne de galère qu’elles ont dû affronter, parce que femme simplement.

Le poids encore de l’éducation, de la mère qui forgea leur propre liberté…extrême goût de tout et lâcheté de dire stop?

Ce livre est un voyage, qui nous entraîne dans la difficulté d’être une femme et le bonheur de l’être aussi.

J’ai beaucoup aimé la plume de Fathia qui expose les choses avec simplicité, pose les questions et induit des chemins que l’on oserait peut-être pas formuler. Ces problématiques et le choix de faire un panel de personnages variés et très différents qui se retrouvent pourtant à ce carrefour qu’est le féminin, permet l’appropriation de chaque histoire. On se retrouve dans chacune de ces femmes, un bout de nous leur appartient et un bout d’elles est notre…La magie de raconter les autres tout en se racontant et rencontrant soi-même.

Pour terminer une BD pas comme les autres…

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Un tout petit bout d’elle, Zidrou- R.Beuchot

Fnac: 17,95€
Amazon:17,95€

L’insensibilité d’une tradition racontée avec l’amour en tableau de fond.
On est au Congo, de nos jours. Antoinette est jeune et belle. Yue venu pour son travail, et elle, se voient et se font du  bien et puis…Antoinette Raconte.

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 Un jour ma grand-mère m’a prise par la main et emmené chez une dame[…] Elle m’a dit que si je ne suivais pas la tradition je ne trouverais jamais de mari. Elle m’a promis de m’offrir une poupée si je ne pleurais pas. J’ai pleuré, j’ai hurlé, j’avais si mal!
Ma grand-mère m’a quand même offert une poupée. Blanche avec de longs cheveux blonds. Qu’est ce qu’elles en savent de la vie les poupées?

Une douce douleur émmailée de dessins magnifiques. Le coup de crayon de Beuchot que je retrouve ici dans le tome 3 de la trilogie africaine série débuté en 2011 suivant les fameux 3 thés traditionnels dans beaucoup de pays d’Afrique: le thé amer de la mort, le thé sucré de l’amitié et le doux thé de l’amour.

Dans les 2 précédents tomes, le montreur d’histoire et Tourne-disque, le dessinateur avait le coup de crayon apaisant ici on a l’impression que la lumière évolue avec l’histoire.

L’histoire, une histoire d’amour. Coincée entre la chinafrique et son racisme ordinaire, et la dure réalité des MGF (mutilations génitales féminines).

La violence d’une tradition privant les femmes de la liberté d’être elles-mêmes, de choisir pour elles-mêmes et leur imposant honte,privation de leur droit naturel au plaisir sexuel, douleur physique et déchirement intérieur.

Je tenais en ce mois dédié à nos droits et à nos combats, à parler d’un sujet sur lequel le monde a encore d’énormes progrès à faire. Un sujet universel qui touche toutes les classes sociales, toutes les nuances de peau et tous les continents. Cette violence qui nous est encore faite aujourd’hui pour avoir eu le malheur de naître Femme. Un sujet qui nous concerne tous en tant qu’être humain et qui reste l’un des combats forts à mener pour les Femmes. Un tour dans ma bibliothèque et cette petite lionne au joli sourire m’a tendu les bras pour me parler de sa souffrance.boudl3

La démarche de recherche et d’informations sur ce phénomène calamiteux des auteurs m’a émerveillés. Quantité d’informations nous sont donnés pour éveiller nos consciences à cette injustice.

Des faits, les avancés et l’ampleur du combat à mener et que ce soit deux hommes qui aient eu cette démarche (bon n’oublions pas au passage Sarah Murat) est encore plus vivifiant; Well done Guys!

Noires donc. Nous le sommes. Personne ne nous enlèvera jamais ce que nous sommes. Belles à l’intérieur comme à l’extérieur. Libres d’être, de vouloir, de croire. Libres de nos forces comme de nos faiblesses. Que les jugements ne nous brisent jamais. Que cette force d’être nous ne nous enferme jamais dans un rôle assigné par autrui. Que cette beauté hérité de nos histoires et de celles de nos ancêtres continuent à nous enrichir et à nous faire avancer vers le meilleur de nous-même. Soyons ce que nous sommes entièrement sans compromis, affrontant nos peurs, nous portant les unes les autres. Menant haut nos combats. Car notre force est celle là chères Nous: nous sommes PLURIELLES comme le Monde.

Force à nous! Soyez fières Mesdames, fières d’être vous et d’être Nous!

NOIRES!

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Merci de m’avoir accompagné tout au long de ce voyage bonne lecture à nous 😉

Chocolatement votre,

 

 

danicourt

 

 

 

 

La Demoiselle Chocolat

 

 

 

Pssst : Des liens sont disséminés dans cet article.
Psst: Toutes les illustrations sont signées et ne sont pas de moi.

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