Mon dîner aux chandelles…

Bonjour Cher(e)s tou(te)s,

Bienvenus(e)s.
Installez-vous. Les bougies et les verres de vin moelleux nous serviront de cadre, la lumière tamisée fera le reste. Car aujourd’hui, nous parlons d’amour . L’occasion s’y prête vous me direz.

Nous ne parlerons pas seulement de cet amour que l’on porte à l’autre. Nous parlerons également de celui que les autres nous portent mais aussi de désamour. De celui-là qui construit et déconstruit une identité.
Cet amour, pourtant l’essence même qui nous permet d’avancer. Ce désamour, moteur parfois d’une perte de soi et des autres dévastatrice.


A vos fourneaux dames et sieurs!

Voici venir la gourmandise de la séduction par l’assiette.
S’il est admis dans nos sociétés que les fourneaux soient un atout de séduction avéré et de poids, Calixte Beyala l’auteure Camerouno-française y ajoute la drôlerie et les recettes ancestrales de Mademoiselle Aîssatou dans son livre
Comment cuisiner son mari à l’africaine, Calixte Beyala

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Paru chez J’ai Lu en juillet 2002, j’ai eu envie de ressortir ce petit livre de recette croustillant pour cette énième St Valentin/commerce/piège à portefeuille pour rendre ce jour comme les autres mais pas trop, un peu moins… » I don’t care ».

Drôle, truculent, parfois cliché, Calixte nous emmène dans les méandres de l’amour de Mademoiselle Aîssatou pour M.Bolobolo son voisin du dessous.
C’est un coureur, un peu pédant qui s’occupe de sa mère mais a tout de même du mal avec la notion de responsabilité. Qu’à cela ne tienne notre belle reine africaine sort les armes de séduction massive: le livre de recette ancestral et allons-y gaiement pour les crocodiles en sauce et autres antilopes farcies. L’incontournable banane plantain et planteur ne manquent pas à l’appel.

Les chapitres courts sont menés à la baguette. Mme Beyala déroule son humour mordant et nous régale de diverses recettes à la fin de chaque chapitre. Pas de panique, le crocodile frais n’est pas en rayon? Des recettes tout aussi chatoyantes mais plus simples quant à leur réalisations vous permettront tout de même de découvrir si l’envie vous en prend les secrets de séduction culinaires des ancêtres de dame Aîssatou.
Ce livre tient plus du livre de recette que de la romance à proprement parler. Miss Beyala y aborde tout de même une certaine complexité et un certain complexe dû à cette exigence qu’ont parfois les femmes à devoir plaire, faire des efforts parfois surhumains pour être celle qui s’appropriera le coeur de l’autre. L’écriture est fluide, facile d’accès, avec cette touche imagée et ce ton drolatique et grinçant à l’image de l’auteure.

« Je découpe des oignons. Que va-t-il en penser ? Je décortique des pistaches, assaisonne l’antilope. Va-t-il me prendre dans ses bras ou est-ce moi qui d’un geste lascif l’écraserai contre mes seins ? Je touille du piment rouge avec de l’ail. Le menu que je m’apprête à servir est à bouleverser les récepteurs de l’odorat, à chambouler chaque molécule, à mettre sans dessus dessous tout le système nerveux par sa succulence et son abondance. Des éclairs de plaisir me déchirent l’estomac. J’ai l’impression qu’un tapis de bonheur se déroule sous mes pieds et m’entraîne vers des régions de soleil et de nuages bleus. »

Les recettes sont le prétexte de la narratrice pour se prêter au jeu d’une séduction subtile et nous assaillir de cette représentation de la femme sensuelle des mains, de son corps et ses fourneaux.
La drôlerie semble être une prise à partie des clichés tant sur les femmes, que sur la perception raciale mais aussi sur les hommes.

A lire pour moi un jour où l’on est pas exigeant avec soi-même ni avec l’autre. Une bonne tranche de curiosité culinaire. D’ailleurs je me paierai le plaisir de tester quelques recettes si tant est que je trouve du crocodile ou de l’antilope ou encore de la tortue par mes cieux 😉

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La complexité maintenant, des sentiments, des personnes et des traditions.
Le mariage de plaisir , Tahar Ben Jelloun

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On raconte mes cher(e)s ami(e)s qu’il y avait une fois, Nabou et Amir. Qu’il était une fois, Le Maroc et le Sénégal.
Qu’il y avait une fois, l’islam, la raison, la tradition et l’amour.
Il y avait une fois, la limite entre tolérance et racisme. Il était une fois le noir et le moins noir.

Voici l’histoire d’un parcours, d’un amour. L’histoire d’une souffrance. Une histoire dense. Une histoire parfois rance. C’est l’histoire que Goha nous livre. Goha le conteur, le sage.

Goha le poète réunit la foule à Fès et se met à conter.

Une fois n’est pas coutume, ce soir je m’en vais vous conter une histoire d’amour, un amour fou et impossible pourtant vécu jusqu’au dernier souffle par chacun de ses personnages. Mais comme vous le verrez, derrière cette histoire miraculeuse, il y a aussi beaucoup de haine et de mépris, de méchanceté et de cruauté. C’est normal l’Homme est ainsi. Je préférais que vous le sachiez pour que vous ne vous étonniez de rien.

L’histoire dont nous parle Goha est celle d’Amir et de Nabou. Amir commerçant de Fès qui se rend régulièrement à Dakar pour ses affaires, contracte un mariage de plaisir, un mariage temporaire permis par l’Islam pour éviter la fréquentation des prostituées aux hommes qui voyagent souvent. L’histoire de Nabou et Amir commence comme une nécessité pour Amir de respecter sa croyance.
Amir épousera donc Nabou le temps d’un temps; mais la séparation s’avèrera pour l’un comme pour l’autre impossible. Il la ramènera donc dans son foyer, comme seconde épouse.
La saga dramatique parue en novembre 2017 chez Gallimard, s’effile donc comme un fil de laine qui se défait d’un pull. Nabou souffre. La jalousie de la première épouse blanche, sa couleur de peau aussi, posent problème. Nabou souffre, mais accepte, a-t-elle vraiment le choix? Amir l’aime alors elle le lui rend bien.

Négresse alliée de Satan. […]
Tu n’es pas de la famille, tu es une esclave ramenée dans ses bagages par un mari naïf.

Deux enfants arrivent dans ce contexte difficile. Hassan et Houcine. Blanc et noir. Comme son histoire d’amour. Lumineux et sombre comme leurs destins, comme ces mots qui les désignent, empreint d’une fausse idée pourtant admise par tous. Comment le racisme se mue en discrimination et hante l’évolution d’un monde. L’histoire des petits enfants suivra à la suite de ces enfants, témoignage vivant de ce que l’on « avait jamais vu ».
Ce livre dont je vous parlais déjà dans mon dernier article m’a révolté. Apaisé, aidé à comprendre. Intrigué aussi.

Peu au fait de l’Histoire du Maroc, suivre le voyage d’amour de Nabou et sa famille tout au long des années, a suscité en moi l’envie d’en apprendre plus.

Ce livre parle de racisme, et par certains aspects, de l’importance de cette expression qui pour être tellement à la « mode » si je puis dire, n’en demeure pas moins vraie :  » Pas d’amalgame » . Ces mots évoquent également l’amour. L’amour amoureux, fraternel, maternel.

L’amour liant une « famille de fous ».

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Voilà ce que j’en retiendrait. On part tout d’abord de l’incohérence d’une tradition religieuse qui tout au long des lignes s’éclaircit sans toutefois se justifier; à la mise en lumière de ce qui est sans doute la thèse de Tahar Ben Jelloun ici, la folie des Hommes.

Ce livre permet d’expliquer, peut-être pas de comprendre, mais d’expliquer. L’écriture subtile et l’histoire rythmée à la manière des Milles et une nuits, nous plongent véritablement dans la folie des Hommes, l’incohérence des pensées. La haine irraisonnée, injustifiée mais pourtant acceptée. On évolue étape par étape avec une Nabou si calme et pourtant pas si passive.

Merci d’avoir diné avec moi.
J’espère que notre histoire sera de celles qui sont remplies de paix, d’amour et de partages. Et surtout n’oubliez pas d’aimer, d’accepter d’être aimé et partager ce sentiment de vie tous les jours de la vôtre.

Chocolatement votre,

danicourt

La Demoiselle Chocolat

Psst: des liens sont disséminés dans cet article

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