L’afropolar partie II 

Hello cher(e)s tou(te)s!

Comme promis voici la suite et fin de mon article concernant le courant polar/psycho de la littérature afro.

Comme on dit chez mes frères Wolofes : Toutes les fleurs des arbres ne produisent pas de fruits.
Continuons notre exploration des méandres de l’Afropolar avec un livre qui, s’il ne fut pas la surprenante révélation à laquelle je m’attendais, fera tout de même office de première…
En digestif, quelque menue déception.

Je ne m’étais jusqu’ici jamais risquée à partager avec vous un ouvrage que je n’avais pas ou peu apprécié.

Nous y voici donc : Zoo city de Lauren Beukes. La promesse ? Un mélange d’afro fantasy et de polar rondement mené. Un Arthur C. Clarke Award en garantirait la virtuosité. De l’avis de tous, une pépite.

Je me préparais donc à entrer dans un écrit empreint de génie, ou tout du moins un mélange surprenant et original, ce qui n’était pas pour me déplaire, au contraire, étant férue d’Afro fantasy et voguant, doucereuse,sur le chemin de l’Afropolar depuis mon regain d’intérêt pour le genre.

Zoo city c’est l’histoire de Zinzi, ex junkie/ journaliste, un peu paumée vivant dans un ghetto malfamée de Johannesburg : Zoo city. Ce quartier abrite, criminels et petites frappes en tout genre, désœuvré.e.s et désillusionné.e.s de tous bords. Ce qui les distinguent des « honnêtes-gens »? Leur animal expiatoire. Tous ceux/celles qui portent en eux/elles la culpabilité d’un acte, en assume littéralement le poids en la personne d’un animal qui apparaît et reste à vie affilié à « l’animalé.e », leur vie dépendant littéralement l’une de l’autre : si l’un.e meurt/e, l’autre ne lui survit pas. Zinzi donc, évolue dans ce milieu avec pour sources de revenue la combine des arnaques à la nigériane sur le net et le don qui accompagne l’apparition de son « totem », un paresseux : le pouvoir de retrouver des choses perdues.

Zinzi se retrouve embarquée dans une aventure rocambolesque à la suite d’une demande assez particulière : retrouver une pop star. Zinzi à court d’argent, accepte malgré elle. Elle pense tenir son échappatoire hors de Zoo city avec cette affaire mais se retrouve au milieu d’une sordide histoire.

Ce qu’on a en pensé: Cela est très étrange d’écrire sur un ouvrage que j’ai peu ou pas apprécié. La promesse comme je le disais tantôt, était un mélange explosif entre fantasy et polar, avec enquête trépidante et suspens mordant à la clef.
Dès l’entrée en gamme du roman, le rythme lent et l’ambiance glauque brouille la perception du contexte de l’action. On comprend au fil des pages qui est Zinzi sans toutefois savoir ce qu’elle a de particulier. L’auteure a choisit de jouer sur le réalisme. On est plongé dans Zoo city comme l’on serait plongé dans un ghetto quelconque à travers la planète. L’ambiance inégalitaire et poisse du monde de Zinzi est parfaitement décrite par l’auteure et donc le contexte envirronnemental et social très bien emmené. Néanmoins, au fil de l’histoire je me suis perdue. Entre les mots particuliers de l’argot sans forcément de traduction et les arnaques de Zinzi, on ne comprend pas très bien ce qui fait l’essence de ce personnage.
Arnaque-t-elle par savoir-faire ou obligation? Elle semble devoir de l’argent à son employeur mais le plaisir un peu malsaint qu’elle prend à ce petit jeu apporte une ambivalence qui m’a sans doute fait passer à côté du personnae. Un lexique regroupe toutes les explications des mots en argot à la fin du livre ce qui, je pense n’est pas très judicieux. On est obligé d’interrompre sa lecture pour faire une recherche et du coup pour ma part, relire la page en entier pour replacer le mot dans le contexte : trop laborieux (oui je ne suis pas une grande fan de l’effort :p );

Zinzi du reste, est tout de même symptahique mais tout dans sa vie semble empreint de cette patte de « je ne sais pas trop ». La mise en place de l’intrigue en elle-même est besogneuse. On se perd en conjectures dans la vie de ce personnage tout feu tout délinquance. Le « don » de Zinzi demeure à mon sens trop larvaire pour donner du corps à l’histoire. Bien qu’il lui soit précieux dans de nombreuses situations. Cette volonté de rajouter une pointe de « surréalisme » à cette oeuvre n’est pas aboutie. L’intention est pourtant majestueuse mais là aussi on reste sur sa faim.

La manière de mener l’histoire hachée et discontinue, même si le fil conducteur est bien présent contribue également à perdre le lecteur. Je me suis ennuyée en suivant Zinzi. Ses aventures pourtant, pourraient donner à imaginer une histoire pittoresque. Mais la volonté d’ancrer l’histoire dans le présent, avec une touche de ce je ne sais quoi qui fait plus n’est pas assez poussée à mon goût. On sent l’écrit tatonneur. Zinzi perd son but et perd le lecteur dans ses descriptions, impressions et répliques parfois plates ou trop peu cinglantes et cyniques. Son petit côté fleur bleue se révèle tout de même atendrissant mais sans réellement apporter de l’emphase à son personnage. On la décrouve entière mais trop peu engangée. Cette anti-héroïne sans forcément avoir bon fond, ne s’est pas ouverte à moi.

Les nombreux personnages, avec autant de surnoms, les articles de journaux, fiches de films et autres conversations internet rajoutés parfois comme chapitres entier coupent à chaque fois le fil de l’histoire ce qui ne rend pas le récit fluide. Zinzi garde sa distance avec les lecteurs tout comme les personnes qu’elles cotoient tout au long du livre.

Ma lecture fut donc laborieuse et finir ce roman releva plus du défi et du refus de la frustation que je resens à chaque fois que je ne vais pas au bout d’une oeuvre que du plaisir de lire à proprement parler.

L’originalité et le talent d’immersion habituel de Lauren Beukes dans sa manière de mener ses écrits sont donc tomber à plat ici, pour moi, concernant ce roman. Une série aurait peut-être eu plus de force et permis une compréhension plus sereine de ce personnage. Le délassement du noeud qu’est l’intrigue tombe comme un caillou dans une mare: rien ne l’annonce, rien n’y semble logique. Si cela est la force très souvent des romans à intrigue, ici j’ai trouvé ce dénouement trop téléscopé pour être crédible.

Je quitte donc Zinzi en restant sur cette impression de famine non suscentée.
Le dessert a un goût amer

Tu ne perds rien pour attendre par Otsiemi

Tu ne perds rien pour attendre, Janis Otsiemi

Quand on a lu l’auteur d’African Tabloid, on sait que rien ne sert de spéculer quant à son oeuvre, car il trouve toujours le moyen de nous servir ce que l’on attend pas.

Jean-Marc Ossavou 38 ans. Agent de la sûreté à Libreville, traîne une vengeance qu’il égrène comme les perles d’un chapelet, tous les soirs devant la villa de celui qui en fera les frais; celui qui as tué celles qui étaient son tout, enfant. Il refuse la garantie de l’impunité offerte par la corruption de tou.te.s ou presque, et la position de « fils/fille de ponte » dans un Gabon gangrené par ces maux.

Mais avant cela, il s’est donné pour mission de nettoyer SA ville de toutes les pourritures qui la polluent.

Ce qu’on en a pensé: « Tout est prétexte pour dénoncer » dit l’auteur lui-même. Et en effet, ce roman annoncé comme l’histoire d’un Dexter librevillois illustre bien ce propos. On y sent la volonté de dire un monde bancal, que l’on voudrait meilleur.

L’oeuvre bien loin d’être magistrale compte tout de même sa part de palpitant. Bien sur, exit les tests d’ADN et autres analyses scientifiques…contextualisons svp. On travaille à l’ancienne. Un brin de fantômette aux longues jambes de gazelle et hop! Nous y voici.
J’avoue avoir été déçue. Sans doute par ce que je m’attendais à une explosion de ressentis justement à la Dexter, au dégoulinement de pulsions contradictoires.

Au contraire le personnage se la joue méthodique bien qu’il ait sa façon à lui de rendre justice. sa vengeance sera accomplie de la même manière, sans pression, à son rythme. Le roman bien loin d’être lent avec des chapitres courts et rondement menés, offre sa part de suspens. Un peu basique.
Ce livre se lit facilement et n’est assurément pas mauvais. Mais lorsqu’on a connu Otsiemi avec son African Tabloid surprenant, l’argot et l’ambiance typique de Libreville ne suffit sans doute plus. Son écriture garde tout de même sa fluidité et ses images à l’humour frappant. Une lecture mi – mangue mi – raisin donc.

Et voilà, ce deuxième article se termine donc sur une note acidulée. Ne dit-on pas qu’il ne faut pas abuser des bonnes choses?

Dites-moi les ami.e.s vous êtes-vous essayé à l’afropolar ?

Chocolatement votre,

cropped-danicourt.png

La demoiselle chocolat

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s