N’être ou ne pas être ? Telle est la question…

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Être. La suffisance du mot évoque très souvent le but connu d’une existence. Savons-nous simplement être sans aspirer ? Sans visualiser, imaginer autre chose que cet état d’être ?
Naître et ne pas Être.
Par cette simple phrase, l’on pourrait résumer le petit recueil de mots qu’est « N’Être » de Charline Effah.

Petit par sa forme, grand par son contenu. Environ 150 pages publiées aux éditions La cheminante. Son format évoque le niais qualificatif de « mignon » à première vue. Et, j’avoue avoir craqué, prise au dépourvue par cet achat à mes heures de midinette flânant un jour de pluie parisienne, dans la jolie librairie « Lis thé ratures » ;propice à la rêverie. Petite chose aux couleurs rosâtre, la prise en compte de l’importance de la chaîne illustrant la couverture viendra plus tard.
Naître donc, et n’être rien. La trame est implantée, le décor insufflé.
Lucinda nous tend la main, nous intimant de la suivre ; Lentement, prudemment.
A l’aube de sa vie, où tout lui est refusé. Où elle survit malgré, et vit accusée.

« Pendant les 9 mois que dura ta grossesse, tu t’étais évertuée à une chose : Tuer la vie qui s’était logée dans tes chairs. »

A l’adolescence de celle-ci, où elle encaisse, et vit sans.
On la scrute enfin à l’âge adulte, où elle combat son reflet, et questionne sans arrêt.
On voyage à travers ses tranches de vies, sans en entrevoir l’aboutissement.
J’ai aimé N’être car on y caresse des questions intrinsèques, inhérentes à une âme, tout en bousculant légèrement le socialement correct, sans le renverser, mais en le mettant face à ses propres interrogations.

 Lucinda aura-t-elle des réponses ? trouvera-t-elle son chemin ? On avance avec elle main dans la main, tête dans son cœur. On la comprend, ou pas. On l’y apprend, quand elle-même ne sait parfois pas le faire.
Charline Effah nous fait un état des choses en un lieu, une Afrique, un Gabon. On ne sait si le pays habite Lucinda, ou si elle le fuit de par son histoire. Ce que l’on sait, c’est elle. Hantée par elle-même ou le reflet de quelque chose qu’elle croit sien, d’une souffrance héritée.
Partir est-ce vraiment la réponse ?

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 « J’avais dix-sept ans lorsque je quittai ma chambre de bonne derrière la grande maison rouge, avec pour unique bagage mon histoire imprimée dans un lieu secret de mon esprit »

Une écriture maîtrisée et complète, nous ouvre le chemin vers l’antre de cœur de ce personnage et entrouvre la voie vers des souffrances et peut-être, la fuite, les erreurs d’une autre : sa mère.

« Je songe à tes errements.
Et j’ai de la peine, je suis triste, meurtrie. »

Dans ce petit bout de mots, on ne trouve rien, rien que l’état d’être d’une femme sans que cela ne se résume à sa souffrance. On pourrait lui reprocher d’enrober de beaux mots somme toute la banalité d’une histoire, commune à beaucoup avec des questionnements étant souvent, tout aussi banals.
Mais là est la surprenante magie de N’être. Effleurer en un tout, des sujets personnels, des questionnements intimes même; mais également la condition féminine, la préciosité de l’amour, la signification des vœux prononcés lors du mariage, la pression exercée par la société sur tout un chacun.
Petit mais vivace, voilà ce que je retiendrais de N’être, de Charline Effah.

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Editions la cheminante : 10,00€

Fnac: 10,00€

Amazon : 10,00€

Chocolatement vôtre, La demoiselle Chocolat

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