Et noir fut l’écrit , Bamun fut le génie…

 » Si vous dessinez toutes sortes de choses différentes et que vous parvenez à toutes les nommer, je ferai un livre qui parlera sans qu’on l’entende. »

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Le Roi Njoya (1876-1933)

Ainsi commence l’histoire de la mythique langue du peuple Bamoun (Cameroun – Afrique centrale) vers 1900 qui doit son invention selon la légende à un songe de son roi le plus emblématique le sultan Ibrahim N’joya.
Le mythe qui se veut et se dit réel conte que le sultan eu un jour le songe d’une voix lui intimant de dessiner une main d’homme sur une tablette, de laver cette tablette et de boire l’eau récupérée de l’opération. S’étant exécuté à l’aube, le sultan eut donc la brillante idée à la suite du rituel de cet alphabet qui deviendra emblématique de la culture de son peuple.
Descendants lointains des grands peuples du Nil, on remarque certaines similitudes entre les antiques hiéroglyphes et cet alphabet que le sultan ne cessera de faire évoluer. Les esprits logiques en déduiront sans doute que notre érudit sultan n’aura fait que continuer, appliquer mais surtout faire évoluer une vieille recette ancestrale.
On apprend au fil des mots captivant du livre « L’écriture Bamun Sa naissance, son
évolution, sa valeur phonétique, son utilisation » par I. Dugast et M. D. W. Jeffreys (1950) que deux écritures résultèrent des tribulations cervicales audacieuses du sultan : ni nyi (Reconnais Dieu) qui d’idéographique devint phonétique démontrant au passage le génie qu’était N’joya en la matière.

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ni nyi

a ka u ku (Yeux des lettres grandes) composée de 80 caractères et qui sera l’écriture que privilégiera le sultan lors de la rédaction de son œuvre.

aka u ku

a ka u ku

Dans le sillage de cette nouvelle écriture, naquit une nouvelle langue le Shü Mon que le sultan souhaitait voir se démocratiser. Il rédigea dans cette langue son ouvrage le plus emblématique
« Histoire et coutumes des bamoun »

bouquin njoya 2

Le sultan N’joya certainement l’un des grands savants de son continent à son époque proféra une aura particulière à son peuple, que celle-ci conserve encore aujourd’hui. Sculpteur, écrivain, artiste, géographe, amateur de médecine et de mathématique, graphiste et curieux de musique à ses heures perdues, son peuple lui voue une part de respect émérite. Et lui doit énormément. Les trésors Bamouns sont aujourd’hui une part considérable de l’histoire culturelle Camerounaise. D’ailleurs les plus remarquables seront regroupés au musée royal de Foumban (capitale culturelle du Cameroun) ville historique du peuple Bamoun en oeuvre depuis mai 2013 et qui signera la reconnaissance de la grandeur de ce peuple particulièrement foisonnant.
Allez à la découverte de cette culture peut-être rencontrerez-vous sur un chemin rêveur un songe qui vous inspirera la géniale idée d’une vie !

Chocolatement vôtre, La demoiselle chocolat.

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